chez jeannette - sage-femme

Sage-femme en BELGIQUE,Mme Visée-maton

Sages-femmes en BELGIQUE
madame Visée-Maton


Tout en faisant remarquer que la recherche de l'humanisation est récente, Madame VISEE-MATON rappelle que l'humanisation a toujours existé.



L' humanisation, c'est un grand mot à la mode. Je crois que jusqu'à un demi-siècle, ça ne posait absolument pas de problème. L'humanisation et la naissance allaient de soi parce que la naissance dans notre pays avait lieu à domicile. C'était un événement familial, comme la mort d'ailleurs, et la sage-femme devenait pour quelques jours un membre de la famille.

Ce lien créé entre femmes et sages- femmes perdurait bien au-delà de la naissance. On n'est pas indifférent à un enfant que l'on a aidé à naître. Il est évident que les sages-femmes libérales continuent à pratiquer de cette façon. L'humanisation chez les sages-femmes libérales ne pose toujours pas de problème.

Dans notre pays, la Belgique, les sages- femmes libérales représentent une infime minorité et elles sont considérées comme marginales.

Alors, il vaut mieux parler des sages-femmes hospitalières. Dans les années 1950, on a, pour des raisons dites de sécurité, transféré la naissance du domicile en milieu hospitalier. Au début cela n'a pas posé beaucoup de problèmes car les maternités étaient gérées par des sages-femmes. Elles prenaient les décisions et appelaient le gynécologue quand c'était nécessaire pour un forceps ou une césarienne. Petit à petit, sachant que les obstétriciens sont plus intéressés à nous supplanter qu'à nous instruire, ils se sont appropriés l'ensemble des naissances. Dans les années 1950, la formation des sages-femmes était une formation spécifique. Dès l'entrée à l'école de sage-femme nous étions formées à une profession autonome.

Mais, pendant qu'on transférait l'accouchement du domicile dans le milieu hospitalier, on faisait aussi une réforme des études de sage-femme qui ont été placées dans le cursus infirmier (trois ans infirmière, un an de spécialisation sage-femme). Ce qui fait de cette année de spécialisation une course aux accouchements (pour avoir le diplôme de sagefemme il faut avoir fait au moins 40 accouchements).

L'optique des sages-femmes à la sortie de l'école sera donc la salle d'accouchement. Ce qui vient avant et après sera donc laissé en « parent pauvre ».

Les sages-femmes belges ont pris conscience que quelque chose devait changer puisqu'on leur imposait des protocoles et qu'elles n'avaient plus aucune autonomie.

Elles rencontrent des femmes seulement à leur arrivée à la maternité. Elles ne les ont jamais vues avant. Il est évident qu'il est difficile dans ces conditions de créer d'emblée ce que nous appelons « une humanisation ». Elles sont très conscientes de cela et elles ont commencé par réclamer un autre type d'études spécifiques.

Nous n'y arriverons pas d'un seul coup mais nous allons probablement obtenir dès cette année, deux années spécifiques après deux années en commun avec les infirmières. C'est un premier acquis. Les sages-femmes ont aussi pris conscience qu'elles devaient connaître les femmes avant qu'elles entrent à la maternité. C'est la raison pour laquelle de plus en plus de sages-femmes se forment à des préparations à la naissance. Elles essayent de participer à des salons, des expositions pour se faire connaître du public.

Maintenant que les sages-femmes sont conscientes qu'elles doivent se faire connaître par les femmes,je ne doute pas que, dans un temps relativement court, elles vont retisser des liens entre femmes et sages-femmes qui ne peuvent qu'aboutir a une meilleure harmonisation des naissances.  


17/07/2009
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