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sage-femme EN ONTARIO, Anne Nixon


LES SAGES-FEMMES EN ONTARIO (CANADA)

Anne NIXON

Anne NIXON est sage-femme et professeur à l'Université Laurentienne, École des sciences et de la santé, programme de formation des sages-femmes à Torento (Ontario). Lors de son passage à Paris, elle nous a communiqué le programme de formation des sages-femmes en Ontario ainsi que les modalités de leurs pratiques professionnelles.

Nous vous présenterons successivement:
- les principes fondamentaux des soins de sage-femme en Ontario,
- les renseignements sur la profession de sage-femme en Ontario,
- Le Code de Déontologie de la sage- femme en Ontario,
- les exigences scolaires pour l'entrée au programme de formation«sages-femmes»,
- les directives pour les transferts de soins aux médecins,
- 1110/93 : une étape marquante pour les femmes de l'Ontario.

PRINCIPES FONDAMENTAUX DES SOINS DE SAGE-FEMME EN ONTARIO

     Le fondement des soins de sage-femme est le respect de la grossesse en tant qu'état normal et de l'accouchement en tant que phénomène physiologique normal. Les soins de sage-femme respectent la diversité des besoins des femmes et la variété de sens culturels et personnels que les femmes, leurs familles et les collectivités dans lesquelles elles vivent donnent à la grossesse, à la naissance et au rôle parental.

     Le point central des soins de sage-femme est le maintien et la promotion de la santé durant tout le cycle de la grossesse. La sage- femme se concentre sur les soins préventifs et l'emploi approprié de la technologie.
     Ses soins sont continus, personnalisés et non autoritaires. Ils répondent aux besoins d'ordre social, affectif, physique et culturel de la femme.
     La sage-femme respecte le droit de la femme de choisir la personne qui la soignera et le lieu où elle accouchera conformément aux Normes d'exercice de l'Ordre des sagesfemmes de l'Ontario.
     La sage-femme accepte de pratiquer l'accouchement dans divers milieux y compris au domicile de sa cliente.
     La sage-femme encourage la femme à participer activement aux soins pendant la grossesse, l'accouchement, et post-partum, et à choisir la manière dont elle préfère que ces soins lui soient donnés.
     Les soins de la sage-femme comprennent entre autres l'éducation et les conseils afin que sa cliente puisse faire un choix éclairé.
     La sage- femme encourage la notion que la prise de décision est une responsabilité partagée entre la femme, sa famille (telle que le définit la femme) et sa soignante. Il est convenu que la décision de la mère l'emporte sur les autres.
     L'essence des soins de sage-femme réside en la compréhension par la femme que le respect et le soutien de la soignante lui sont acquis afin qu'elle puisse accoucher en toute sécurité avec toute sa volonté et sa dignité.

CE QU'IL EST ESSENTIEL D' AVOIR

janvier 1992 :
- Fœtoscope
- Stéthoscope
- Brassard de tensiomètre
- Matériel pour analyse d'urine
- Solution antiseptique
- Gants stériles
- Lubrifiant stérile
- Deux pinces hémostatiques
- Une paire de ciseaux à bouts plats pour le cordon
- Une paire de ciseaux pour l'épisiotomie
- Clamps pour le cordon
- Siphon DeLee pour mucosités muni d'un cathéter rigide ou autre appareil à succion efficace - Ocytocines, seringues, aiguilles
- Oxygène - en quantité suffisante pour le transport de la mère et de l'enfant, avec masque pour la mère, sac et masque pour l'enfant
- Matériel de suture et anesthésique pour anesthésie locale
- Sonde urinaire
- Tubes pour le sang du cordon
- Matériel de protection des yeux
- Vitamine K

RENSEIGNEMENTS SUR LA PROFESSION DE SAGE-FEMME EN ONTARIO

Historique

     La profession de sage-femme communautaire existe depuis plus de dix ans en Ontario, mais n'ajamais fait partie des services de santé réglementés.

     Le souhait des intéressées d'avoir plus facilement accès aux services des sages-femmes et la nécessité de définir des normes pour l'exercice de la profession ont conduit à la création, en 1987, du Groupe d'étude sur l'intégration de la profession de sage-femme en Ontario.

     Le Groupe d'étude a recommandé que la profession de sage-femme soit une profession indépendante et auto-réglementée, dotée de son ordre particulier. Celui-ci serait notamment chargé d'établir les normes et les critères d'inscription.

     La profession de sage-femme a été incorporée à la Loi sur les professions de la santé réglementées (LPSR) qui inclut 24 professions de la santé. Cette Loi a reçu la sanction royale en novembre 1991 et on procède actuellement à la rédaction des règlements. La Loi devrait entrer en vigueur d'ici la fin de 1993.

     Selon les termes de la Loi, la profession de sage-femme consiste à « ... évaluer et à surveiller les femmes pendant la grossesse, l'accouchement et les suites de couches, ainsi qu'à évaluer et à surveiller leur nouveau-né, à dispenser des soins pendant une grossesse normale, un accouchement normal et les suites de couches normales, et à pratiquer des accouchements normaux et spontanés par voie vaginale ».

     Un conseil intérimaire sur la réglementation future de la profession de sage-femme (CIRFPSF) a été formé en 1989 pour établir des normes et des règlements relatifs à la profession de sage-femme. En janvier 1993, on a créé le conseil transitoire de l'Ordre des sages-femmes doté d'un pouvoir de réglementation.

     A l'automne 1992, certaines sages-femmes ont pu commencer à suivre un programme de formation à l'Institut Michener des sciences médicales appliquées, à Toronto. La participation à ce programme est l'une des conditions préliminaires à intégrer la profession de sage-femme aux services de santé. Les candidates qui auront terminé et réussi le cours de formation d'ici le 1er octobre 1993 seront les premières praticiennes admissibles à l'Ordre des sagesfemmes.

     En décembre 1992, le ministre de la Santé et le ministre des Collèges et Universités ont annoncé le nom des trois établissements d' enseignement post-secondaire choisis pour offrir un baccalauréat préparant à la profession de sage- femme. Dès septembre 1993, l'Université McMaster à Hamilton, l'Université Laurentienne à Studbury et l'Université Polytechnique Ryerson à Toronto offriront une formation de sage-femme. Il s'agit du premier baccalauréat dans cette discipline au Canada.

LA PRATIQUE PROFESSIONNELLE

     Les sages-femmes travailleront habituellement en groupe, soit comme employées ou à contrat avec des organismes communautaires. Pendant sa grossesse, une femme sera suivie par deux sages-femmes au moins ; elle connaîtra donc bien la personne qui pratiquera l'accouchement. On mettra l'accent sur la notion de suivi des soins et la mère sera encouragée à prendre ses propres décisions. Elle pourra ainsi choisir d'accoucher chez elle, dans un centre de naissance ou à l'hôpital.

     Le Conseil transitoire de l'Ordre des sages-femmes a approuvé les directives exigeant la consultation d'un médecin et le transfert au besoin. Ces directives ont été examinées par le Conseil, l'Ordre des médecins et des chirurgiens de l'Ontario, l'Association des sages-femmes de l'Ontario et l'Association des hôpitaux de l'Ontario.

     L'Association des sages-femmes de l'Ontario a déjà établi des normes relatives au transfert en cas d'urgence. L'Association et le Conseil, de concert avec les hôpitaux et les services de santé d'urgence du ministère de la Santé, examinent la question du transport en ambulance, particulièrement pour les accouchements prévus en dehors des hôpitaux.

     Les sages-femmes qui exercent actuellement leur profession en Ontario ont la possibilité de souscrire une assurance-responsabilité professionnelle auprès d'un assureur privé. Une fois la profession réglementée, on s'attend à ce que les compagnies d'assurance élargissent la protection. Le Conseil transitoire de l'Ordre des sages-femmes fera de l'assurance-responsabilité professionnelle un des critères d'inscription de l'Ordre.

LES SERVICES DE SAGES-FEMMES FINANCÉS PlR LE MINISTÈRE DE LA SANTÉ

     A compter de 1994, les services de sages-femmes seront financés par le ministère de la Santé. Le niveau de salaire de sages-femmes a été établi en comparant cette occupation avec les qualifications, les responsabilités et les conditions de travail des autres professionnels des services de santé et services sociaux. Plus spécifiquement, le travail des infirmières dispensant des soins primaires dans un centre de santé communautaire (CSC) et celui de médecins de famille exerçant dans les CSC ont été comparés à la profession de sage-femme.
     Une agence centrale intérimaire dirigée par un conseil d'administration bénévole représentant l'ensemble de la province sera financée par le ministère de la Santé pour administrer les premiers programmes préparant à la profession de sage-femme. Le Groupe d'étude sur l'intégration de la profession de sage-femme en Ontario, qui est formé d'intéressées, a accepté de travailler avec le ministère pour établir cette agence intérimaire et aider à s'assurer qu'on mette bien l'accent sur les consommatrices.
     Au cours des quatre prochaines années, l'agence centrale se départira de ses responsabilités au profit des organismes, bénéficiant de paiements de transfert, comme les centres de santé communautaire, les centres de naissance, les hôpitaux ou les conseils de bande autochtone, de sorte que les services de sages-femmes soient gérés localement, pourrépondre aux besoins locaux.
     Dans les régions de la province où il n'existe pas d'agence appropriée, il faudra peut-être mettre sur pied un organisme dont la raison d'être exclusive sera la prestation locale d'un programme préparant à la profession de sage-femme.

CODE DE DEONTOLOGIE DES SAGES-FEMMES EN ONTARIO

     La sage-femme doit toujours agir de manière à mériter et just~fier la confiance du public, faire honneur à la profession et protéger la bonne réputation de la profession, servir les intérêts de la société et avant tout veiller à sauvegarder les intérêts de chacune de ses clientes.

La sage-femme est responsable des actes professionnels qu'elle exécute dans l'exercice de sa profession et s'engage à :

1) Agir toujours de manière à promouvoir et sauvegarder le bien-être de ses clientes et défendre leurs intérêts.

2) Renseigner et instruire clairement ses clientes et le public sur le rôle, lafonction et les normes de pratique de la profession de sage-femme.

3) Respecter le droit de la cliente àfaire un choix éclairé. i

4) Offrir des soins qui respectent les besoins, les valeurs et la dignité des particuliers, sans discrimination fondée sur la langue, la culture, 1 l'âge, le statut économique, la santé, l'orientation sexuelle, l'état matrimonial, le sexe, l'emplacement géographique, le fait d'avoir été

hospitalisée, la compétence, la race ou la religion. .

5) Renseigner clairement ses clientes et autres praticiens du domaine des soins de santé de la portée et des limitations de la profession de sage~femme.

6) Éviter d'abuser de la relation cOl~fidentielle qui existe entre elle et ses clientes, une telle relation permettant un accès privilégié à la personne, à la propriété ou à la résidence ainsi qu'aux pratiques et coutumes personnelles de la cliente.

7) S'abstenir de divulguer des renseignements confidentiels, obtenus dans l'exercice de sa profession, sans le consentement de la cliente ou de la personne habilitée à agir en son nom sauf si la divulgation est exigée par loi ou ordonnance du tribunal.

8) Veiller à ce qu'aucune de ses actions ou omissions volontaires, ou relevant de sa sphère d'influence, ne nuise à l'état ou à la sécurité des clientes. Une sage-femme ne doit jamais exercer sa profession ou exécuter un acte professionnel lorsque ses capacités sont diminuées par l'alcool ou une drogue.

9) Déclarer ouvertement à ses clientes et aux praticiens sa position dans des situations de cOl~flit d'intérêts ou d'objection de conscience touchant à l'exercice de sa profession ou au droit de sa cliente àfaire un choix éclairé.

10) En plus de la consultation ou de la recommandation auprès d'un spécialiste conformément aux normes d'exercice de la profession, consulter un spécialiste ou lui adresser sa cliente à la demande de celle-ci ou lorsque la sage-femme a des doutes sur l'examen ou le traitement.

Il) Aider sa cliente à trouver la personne appropriée pour la soigner si, pour une raison quelconque, elle ne peut le faire elle-même.

12) Administrer les meilleurs soins possibles quelles que soient les circonstances. Une sage-femme ne peut jamais refuser d'aider une cliente en travail malgré l'article 9.

13) Bâtir sa réputation professionnelle sur ses capacités et son intrégrité; elle ne peut placer d'annonces publicitaires que pour informer le public de ses services professionnels ou pour communiquer des messages d'intérêt public en se conformant à l'usage adopté par les sagesfemmes locales.

14) Éviter de se servir de ses qualifications professionnelles pour faire la promotion d'un produit commercial afin de ne pas compromettre le jugement indépendant auquel ses clientes se fient.

15) N'accepter ni cadeaux nifaveurs ou l'hospitalité de qui que ce soit si les uns ou les autres pouvaient être interprétés comme un signe d'approbation d'un produit commercial ou comme si elle cherchait à obtenir un traitement de faveur à titre de cliente du fabricant ou vendeur du dit produit.

16) Veiller à la salubrité du milieu des soins de santé et de ses effets physiques,psychologiques et sociaux sur ses clientes et à lapertinence et suffisance des ressources. Elle fait savoir aux personnes et autOlités appropriées toutes circonstances pouvant mettre en danger ses clientes.

17) Assumer ses responsabilités et dénoncer un praticien de la santé dont les actes pourraient mettre en danger la sécurité de ses clientes.

18) Saisir toutes les occasions, en temps opportun, lui permettant de maintenir son niveau de compétence ou d'améliorer ses cOllnaissances et ses compétences professionnelles.

19) Faciliter la recherche sur l'exercice de la profession de sage-femme.

20) Dans les limites de ses connaissances, de son expérience et de sa sphère d'autorité, assister les praticiens de la santé et les élèves au développement et maintien de leurs compétences professionnelles en fonction de leurs besoins.

* Une cliente est une personne qui entretient avec la sage-femme des relations contractuelles.








14/07/2009
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