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Sage-femme en FRANCE, Béatrice Baby, sage-femme


sages-femmes en FRANCE
Béatrice Baby

La sage-femme française suit une formation en 4 ans, après le baccalauréat et sur concours. Formation de haute technicité où théorie et pratique sont souvent bien équilibrées mais où le sens de l'humain et le respect de l'autre sont rarement enseignés.



Nous sommes une profession médicale à compétences spécifiques de l'obstétrique physiologique. Cela nous permet de suivre les grossesses physiologiques, de diagnostiquer la pathologie, de suivre et de pratiquer les accouchements normaux, y compris s'il s'agit de présentation du siège ou de grossesses gémellaires, et d'assurerla surveillance de la mère et de l'enfant dans le post-partum.

Il y a diverses possibilités d'exercer notre profession:

- en libéral, où la sage-femme peut faire un accompagnement global de la naissance,

- en PMI, où la sage-femme, très mal reconnue dans sa spécificité, fait aussi un accompagnement global,

- en clinique, où notre rôle est malheureusement restreint,

- en hôpital public, où notre reconnaissance est tout de même meilleure malgré la pression du pouvoir médical.

Mais devons-nous, sages-femmes françaises, nous résoudre à n'être que de bonnes techniciennes exerçant notre profession sous la tutelle des médecins? Certainement pas. Pourtant, la plupart d'entre nous expriment leur déception quant à l'exercice de leur profession même et j'allais dire surtout, si elles disposent de moyens techniques de pointe.

Et si nous parlions de tendresse et de passion?

Car nous avons fait ce métier pour cela. Dans notre société d'information, chacun semble tout savoir sur la grossesse, l'accouchement et l'allaitement. La presse, les médias évoquent sans cesse ces différents thèmes.

La grossesse n'est plus un acte simple, l'accouchement est de plus en plus médicalisé.

Quel choix laissons-nous aujourd'hui à un couple qui a choisi l'accouchement en structure hospitalière?

Comment faire pour que l'instinct soit retrouvé et que la naissance reprenne sa juste place ?

Qui, mieux que les sages-femmes, peut redonner cette dimension humaine à la naissance ?

Les femmes, les couples cherchent une préparation, un accompagnement de la naissance qui ne soit pas seulement basés sur le savoir.

La médicalisation excessive n'a en rien diminué l'angoisse de la douleur. Bien au contraire. Car la naissance fait surgir ou ressurgir la peur: peur de la douleur, peur de l'inconnu et surtout peur de la mort. Cette peur doit être dite: laissons la parole aux femmes.

Ne les pénalisons pas en leur imposant notre choix, posons-nous la question de leurs désirs, exprimés ou non, soyons à l'écoute de leurs paroles et surtout de leurs corps: leur proposer un bain, la déambulation, la mobilité donne toujours une dimension de liberté, d'écoute.

Être sage-femme demande bien sûr une technicité très précise et une grande vigilance médicale, mais c'est aussi et surtout « être avec» la mère, la famille qui est important. C'est-à-dire accompagner la relation de la préparation à la naissance aux suites de couches en passant par la grossesse et l'accouchement.

Si aucune d'entre nous aujourd'hui décide d'exercer son métier de sage-femme avec la passion qui l'a animée dans son choix, l'obstétrique changera en France.



17/07/2009
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