chez jeannette - sage-femme

S.I.D.A. EN AFRIQUE, J.Bessonart

S.I.D.A. AU FÉMININ EN AFRIQUE.
(SYNTHÈSE DE QUELQUES TÉMOIGNAGES QUI COMPTENT
 DANS LA RÉFLEXION SUR LE V.J.H.)

J.Bessonart, sage-femme


« On ne lutte pas contre le SIDA en faisant passer la Corrèze
avant le Zambèze» Françoise HÉRITIER AUGÉ

(Évènement du jeudi du 21 octobre 1992)

     "Un choix devra être fait dans la politique Nord/Sud. Si nous laissons cette pandémie se développer hors d'Europe, elle nous reviendra. On n'arrête pas le virus aux frontières. Puisque les réflexes sécuritaires sont à l'ordre du jour, il faut faire comprendre aux gens qu'il est de leur intérêt d'aider les pays en voie de développement dans leur lutte contre le SIDA. La population de ces pays n'a même pas les moyens d'acheter des préservatifs! Alors, la Corrèze avant le Zambèze? Ce choix serait une erreur. Il faut une entente internationale pour mener une politique de santé à l'échelle mondiale. Pour des motifs intéressés autant que pour des raisons éthiques. Sans volonté politique et sans argent, la solidarité humaine est un mot creux ». (F. HERITIER AUGÉ)

En 1989 déjà, le professeur GENTILLINI (de l'hôpital Pitié Salpétrière à Paris) trouvait que l'aide modeste de la France à l'Afrique « n'était pas digne d'une véritable politique de coopération. Il faudrait qu'enfin la France sache ce qu'elle veut: des rapports banalisés avec les pays africains ou une politique francophone ambitieuse ... Nous devons l'affirmer sans cesse: lutter contre le SIDA en Afrique, c'est notre problème. Va-t-on attendre que l'épidémie ne soit plus maîtrisable pour se décider à avoir enfin une action efficace? Il estfondamental de poser le problème de la prise en charge des malades. Sans quoi faute de la possibilité d'une réelle prise en charge médicale, les gens ne voudront pas jouer le jeu de la prévention et du dépistage. A quoi bon savoir que l'on est séropositif si l'on sait qu'on ne pourra pas se faire soigner? ».

Où en est-on en 1995 de la politique de solidarité entre la France et l'Afrique? La question est posée?

     Ce passage du virus à travers les continents et au-dessus des frontières est rappelé par Jean PIEL dans la revue « Impact Médecin du 1 er février 1991 ». On peut lire: « La plupart des malades hétérosexuels en Belgique ont été infectés en Afrique Centrale ou par des personnes qui ont été infectés là-bas. La Belgique a, en effet, des relations privilégiées avec le Zaïre, le Burundi ou le Rwanda, autant de pays qui constituent l'épicentre de l'épidémie en Afrique ». Et cela depuis plus longtemps qu'on ne le croit.

- Selon Luc MONT AGNIER (en 1986) :

« Le virus existait depuis très longtemps chez certaines peuplades africaines vivant isolément sans provoquer chez elles le moindre dommage : il n 'y avait pas de SIDA parce que la peuplade s'était adaptée génétiquement au virus et le tolérait en le transmettant depuis nombre de générations. Et puis pour des raisons qui restent à déterminer, le virus serait récemment passé dans cl' autres populations africaines beaucoup plus sensibles à ce dernier, parce qu'elles ne l'avaient pas rencontré auparavant. Et là, la maladie apparut. »

- Selon Christian RÉGNIER, dans son étude sur Histoire et Médecine (Panorama du Médecin du 16.12.93) :

« A quand remontent les premiers cas de SIDA? la plus ancienne séropositivité retrouvée en Afrique date de 1959 et concerne le sérum d'un Congolais traité pour une tuberculose. Aux États Unis, le premier cas de SIDA remonte au printemps 1978 et le SIDA ne prendra son nom définitif qu'en 1982. Mais l'origine africaine du VIH 1 semble certaine compte tenu des souches retrouvées en Afrique, évoluant depuis 45 ans. Une question demeure sans réponse: quelle est l'origine exacte du virus et comment expliquer son degré de parenté avec les rétrovirus retrouvés chez les singes d'Afrique et d'Asie? »

Pour l'an 2000 l'Organisation Mondiale de la Santé estime à 13 millions le nombre de personnes VIH+ dont la moitié des adultes sont des femmes.

Trois millions d'enfants et de mères mourront et plus d'un million d'enfants auront perdu leurs parents.

En 2015 selon le bureau de recensement américain, le SIDA serait la première cause de mortalité en Afrique. Il toucherait 70 millions d'habitants, les femmes autant que les hommes car le mode de transmission est hétérosexuel.

COMMENT LA SOCIÉTÉ AFRICAINE VIT - ELLE CE FLÉAU?



On peut parler de société « naufragée» et de continent en péril d'autant plus qu'en dehors de l'épidémie du SIDA, l'Afrique est déjà mal en point.

Le SIDA menace de réduire à néant les progrès réalisés dans le domaine de la snrvie de l'enfant et de son développement au cours des années 80. (UNICEF/2741/89/Ciément)

La crise économique internationale, la dévaluation du franc CFA, la mauvaise gestion généralisée, la corruption, les guerres et l'absence de démocratie entraînent sous développement et pauvreté qui ont des retentissements sur la santé des populations : malnutrition, anémie, paludisme, pauvreté des budgets de santé, absence d'infrastructures de transfert en cas d'urgence, etc ...

- Véronique LAWSON, ancien ministre de la santé au Bénin faisait remarquer:

« En cette fin du 20e siècle, certaines localités de notre pays sont encore sans maternité, sans école, sans électricité, sans eau ».

Le SIDA agit alors comme un révélateur dans une situation déjà catastrophique.

- Le Dr MERS ON, responsable à l'OMS du programme de lutte contre le SIDA, fait remarquer:

« Dans les pays en voie de développement, traditionnellement ce sont lesfemmes qui s'occupent de la famille et des malades. Lorsque le partenaire est atteint, c'est lafemme qui s'en occupe. Inutile de vous dire combien la tâche est encore plus lourde à assumer si lafemme elle-même souffre d'une maladie liée au VIH ».

- Quand à Madame Dorothey BLAKE, elle explique les effets dévastateurs en cascade de l'épidémie:

« Le SIDAféminin atteint la femme en Afrique, en plein âge de reproduction. Souvent les femmes séropositives arrivent à avoir trois enfants, l'un sera malade et les deux autres orphelins.Or la femme dans la société africaine a un rôle clé. C'est elle qui gère la cellule familiale, c'est elle qui cultive la terre. Sa mort casse tout, détruit tout

La situation de pauvreté ne permet pas d'être hospitalisé.
La journée d'hôpital coûte 1110c du salaire mensuel d'un fonctionnaire à Kinshasa (Zaïre), le traitement à l' AZT coûte un mois de salaire. Un malade du SIDA coûte très cher en Afrique, alors quand on le sait perdu, on fuit, comme le constate le sociologue Kalé KOUAME, en côte d'Ivoire:

« Pour la première fois ici, des malades sont abandonnés. Pour des raisons économiques et aussi par peur. C'est une rupture avec la tradition africaine ancestrale qui veut que les familles entourent les malades ».

Voilà pourquoi les médecins hésitent à annoncer la maladie!

On passe alors des « tradipraticiens » (médecins traditionnels) aux « docteurs miracles» sans formation médicale, et aux sorciers, guérisseurs et groupes de prière. Pour Stephen SMITH dans Libération du 7 février 1991 : « Pour beaucoup, au Zaïre, le fléau est d'origine maléfique. Ceux qui tombent malade l'ont mérité et se sont fait ensorceler. Pour soigner le corps, mieux vaut soigner l'esprit. Difficile donc de parler de prévention. D'autant plus que, comme le dit Dorothey BLAKE:
« Les femmes ne contrôlent pas les moyens de prévention sexuelle de l'épidémie ».
En effet, elles n'osent pas demander à leurs maris de mettre un préservatif. Pourtant elles y pensent d'autant plus que la plupart des maris africains ont « un 2" et un 3" bureau» c'est-à-dire une ou plusieurs maîtresses, souvent des prostituées. « De plus, les femmes sont dépendantes financièrement et ne contrôlent pas les moyens socioéconomiques. Souvent elles n'ont pas accès à l'éducation. Il faut donc travailler sur ces trois points. Il faut que la femme prenne un peu de pouvoir ».

Que reste-t-il de la prévention et des solidarités face au SIDA dans la société africaine?

Une note d'optimisme dans plusieurs pays d'Afrique: les préservatifs ne se cachent plus. Des placards de pub, des affiches vantent les capotes « Prudence» à Abidjan où elles sont vendues 2F les quatre. A Mureille SZAC-JACQUELIN qui faisait un reportage pour l'événement du Jeudi en Octobre 1992, un jeune serveur ivoirien demandait:

« Madame, comment faire pour que ça ne craque pas? » « Et la veille de son départ, il lui présente au nom de tout le personnel, une surprenante requête « Est-ce que vous pourriez nous offrir des préservatifs? »

Conclusion
Je voudrais vous citer deux personnes:
- Tout d'abord, MA MA CHRISTINE, une grand mère de 72 ans qui, en Côte d'Ivoire, s'occupe des enfants orphelins. Elle en a 48 dans sa maison devenue orphelinat.
- Ensuite, Dorothey BLAKE qui dit ceci : « Le changement des comportements sexuels, même en Afrique est possible. Encore faut-il que les politiques de prévention soient bien ciblées. Par exemple. s'il y a une génération de perdue, il ne faut pas perdre la suivante. Et il faut cibler sur les jeunes filles. »

Je voudrais aussi rappeler que l'Organisation Mondiale de la Santé et l'Unicef recommandent pour les pays en développement de continuer à favoriser l'allaitement au sein compte tenu des risques plus grands encourus en l'absence d'allaitement maternel. (L'alimentation artificielle est l'une des principales causes du million et demi de décès de nourrissons imputables chaque année aux diarrhées).

Je voudrais terminer sur une note d'optimisme et souhaiter qu'un jour MOURIR DU SIDA devienne aussi rare que de MOURIR DE LA PESTE aujourd'hui. En 1989 - dernier chiffre connu on a dénombré 770 cas de peste humaine dans Il pays dont 104 cas mortels. Cela nous laisse un grand espoir pour cette peste du XX" siècle qu'est le SIDA!

QUESTIONS ET REMARQUES

Une sage-femme (Tunisie) .-
Nous, en Tunisie, à propos du SIDA nous parlons dépistage, diagnostic, prévention, car nous n'avons pas l'AZT.

Je voudrais faire une mise au point par rapport à l'Afrique. Il existe plusieurs « Afriques » et c'est pour cela que la prévention diffère d'un pays à l'autre.

Nos études nationales et maghrébines ont montré que le virus du SIDA est en grande partie importé par nos ressortissants qui travaillent en Europe. Ils ont des relations hors mariage et « ramènent» le virus du SIDA au pays. C'est une situation spéciale. Nous ne cherchons pas à savoir à qui la faute. Le problème n'est pas là. Il s'agit de bien cibler les moyens de prévention.

C'est pour cela que nous avons choisi, pour la Tunisie, comme moyen de prévention, d'essayer de trouver les populations «cible ». Nous veillons donc dans les bateaux de retour, au niveau de cette population qui revient, à faire des campagnes pour le port du condom jusqu'au dépistage par un test Elisa. Nous essayons de faire que le maximum de ressortissants qui reviennent aient leur test de dépistage. Nous essayons aussi de sensibiliser nos zones touristiques.

Il faut donc savoir qu'il n'y a pas une seule Afrique.

Et si vous connaissez toutes les causes de contamination, qmll1i vous recevez nos femmes maghrébines en France, vous saure d'où peut venir l'épidémie.

Je voudrais aussi parler de la religion. C'est très ditlicile de COli naître la religion de l'autre et les textes sont écrits depuis de millénaires. Le vécu des gens qui croient à ces religions est très différenl

Je viens d'un pays d'Islam. L'Islam est différent d'un pays. l'autre. Puisque le vécu des gens est différent d'un pays à l'autre ne parlons pas de religion, parlons de vécu! Et comme cela, nOl! ferons tomber beaucoup de barrières et d'idées préconçues.

France UEBERSFELD .-

Vous avez raison. Il ne s'agit pas de religion mais c'est parce que des religieux (de plusieurs religions) s'expriment sur la que, tion, avec des interdits que nous sommes obligées de rappeler la réalité de la maladie.

Marie NOMO MESSINA, sage-femme (Cameroun)



A propos de la maladie nous avons eu 3 cas particuliers: - Nous avons eu un problème avec un expatrié qui est venu chez nous pour passer des congés. Il était séropositif. Il a été avec beaucoup de jeunes filles pour essayer de terminer sa vie. Sur une lettre il a écrit que c'était parce qu'il voulait se défouler. Il a aussi laissé des noms. Ce qui a fait beaucoup de peine de voir quelqu'un qui revient pour se venger de sa situation. Il y a eu 20 personnes qui sont mortes avec lui. Cela a été pour nous un grave problème dans le tourisme.

- Le deuxième cas c'est la difficulté du dépistage. Vous savez que, nous africains, sommes des êtres extrêmement sociaux qui vivons en communauté. Nous avons peur d' aIler voir des médecins pour le dépistage. Car une fois que vous êtes dépisté, vous êtes exclu de la société. Ce qui est grave et pénible. j' ai crée une association pour accueillir les orphelins. 1'en ai 109 actuellement dont je m'occupe. Parmi eux, la plupart sont issus de mères sidéennes.

- Je me rappelle l'une d'entre elles, venue me voir encore enceinte, et qui m'a dit: « j'espère que vous serez pour moi la mère que je n'ai pas pu être pour mon enfànt. Dès que j'accoucherai, est-ce que vous serez prête à prendre mon enfant parce que je sais que mes parents ne l'accepteront pas ? » Nous avons accueilli cet enfant. Il n'est pas séropositif. Un autre enfant a été découvert dans une maison abandonnée, déposé là par sa maman et qui avait laissé un mot « Excuse-moi, mon chéri, j'espère que tu me comprendras, je n 'ai pas eu beaucoup de chance, j'espère que toi tu en auras ». Alors, vous savez, quelquefois nous sommes fatigués d'autant plus que nous n'avons pas de moyen de soigner.

Actuellement, il Y a une association qui s'occupe des femmes et des personnes séropositives et qui les accompagne. Notre plus grand problème, c'est qu'avec la dévaluation du franc CFA, les médicaments sont passés du simple au double prix. Je lance un appel à vous tous. Penchez-vous sur le problème de l'Afrique en matière de médicaments. Aidez-nous en collectant des médicaments surtout pour les femmes et les enfants qui sont les victimes les plus fragiles. A l'hôpital Latintinie, il y a un pavillon que j' appelle « le mouroir ». On y trouve des femmes et des enfants totalement abandonnés qui ne reçoivent ni médicaments, ni soins, ni visites de leur famille. Quand ils meurent, même leur corps ne peut être honoré et enterré. Vous savez chez nous que la mort est une continuation de la vie. Les gens tiennent à leur dépouille mortelle. C'est donc tellement triste de les voir partir comme cela sans avoir été honoré.

Danielle LENNE:

Notre association Solidarité Enfants Sida peut vous aider. Nous prendrons contact aujourd'hui.

Florence VEBER :

Le médicament à fournir est le BACTRIM sulfamide peu coûteux et très répandu.

Marie Nomo MESSINA, sage-femme (Cameroun)

Je voudrais terminer sur le sujet qui nous préoccupe aujourd'hui.

La femme a une grande responsabilité pour humaniser le monde. C'est elle qui humanisera ou le monde ne sera pas humanisé. Sa présence dans le monde n'est pas de lancer un défi à l' homme pour faire pareil que lui, mais d'apporter sa spécificité qui est ici son caractère maternel. C'est elle la mère au monde. C'est elle qui doit faciliter la vie. La nature nous a préparées à cette mission. Ne démissionnons pas. Je pense que s'il y a tant de problèmes. c'est que la femme n'est pas à sa place dans les sociétés qui ne lui donnent pas les moyens de s'exprimer vraiment. C'est à nous d'arracher ce pouvoir.

En tant que sages-femmes qui aidons à donner la vie, notre responsabilité est encore plus grande. Nous devons en être conscientes.

Docteur CESBRON :

Adresser des médicaments en Afrique, par exemple, est important et complexe. Il faut aider Madame Nomo MESSINA par un partenariat efficace. Attention, il nous faut refuser à tout prix, quelles que soient les demandes (caritatives ou autres) qui sont avancées, d'envoyer des médicaments périmés. Et que des firmes pharmaceutiques puissent recycler des médicaments en Afrique, ce n'est pas tolérable. On doit publiquement le dire et condamner de telles pratiques.

- Jeannette BESSONART:

Quand nous avons fait un voyage d'études/partenariat avec nos collègues sages-femmes du Burkina Faso, nous avons contacté les 500 sages-femmes de notre fichier. Nous avons reçu 400 kgs de médicaments, non triés, à Paris. Lors du tri que j'ai effectué avec quelques collègues, nous avons jeté la moitié des médicaments pour cause de péremption, de mauvais emballage et de casse. Donc, je vous en supplie, vous pouvez effectuer un partenariat médicaments/soins avec Madame Nomo MESSINA (et particulièrement lui envoyer du Bactrim), mais envoyez des médicaments que vous donneriez aux femmes dans vos maternités.

Madame Nomo MESSINA:

Quand, je parle de médicaments avariés, il s'agit de médicaments non périmés mais dépareillés. Une boîte par exemple peut ne contenir que trois ampoules. Effectivement nous recevons en Afrique beaucoup de dons de l'Europe mais qui ne sont pas utilisables. Que ce soit en matière d'habits ou de médicaments. Parfois ce sont les restes du ménage des garde-robes ou des pharmacies familiales que nous recevons et ça ne nous sert pas. Nous envoyer des médicaments périmés ne veut rien dire. On n'a rien fait en accomplissant un tel geste.

Madame DEVISSE, sage-femme:

Pour avoir travaillé en Afrique, je lance un appel: il faut que nous aidions nos collègues sages-femmes et les populations de ce continent. Nous manquons de tout.

Je signale qu'il existe des gens qui sont capables de trier les médicaments par exemple PHARMACIENS SANS FRONTIÈRES. Eux savent les vraies limites de péremption des médicaments.

A propos du SIDA, nous avons beaucoup parlé des voies sexuelles de transmission. Il faut rappeler ici le manque de matériel (doigtiers, aiguilles pour injections, etc ... ). L'usage du matériel existant pour plusieurs femmes, souvent dans des conditions d'aseptie non réalisables, favorise la transmission du SIDA. Vous voyez il n'y a pas que la voie sexuelle. Ne l'oublions pas.














17/07/2009
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