chez jeannette - sage-femme

Sage-femme en ROUMANIE - Zoïca Radu


ETRE SAGE-FEMME EN ROUMANIE -  Zoïca Radu
extrait de la revue SAGES-FEMMES international
n° 2 - mai/juin 1994

                                      


    Des sage-femmes, il y en a depuis toujours, plus ou moins préparées pour ce travail, mais toujours très importantes pour apporter la vie dans la vie.

    Qu'est-ce que je savais au début de cette profession? Rien ou presque rien.
l'étais loin de l'embrasser.

    J'aurais souhaité devenir institutrice. Mais je ne chantais pas bien, donc échec au concours d'aptitudes à l'école normale. J'aimais les enfants. Je voulais donner aux autres une partie de moi-même.

    Un peu désorientée, je m'accroche à la question de quelqu'un:« ne voudrais-tu pas devenir sage-femme? ».
   
    Tout d'un coup, dans ma mémoire se croisent et se rassemblent des idées et des images sur cette profession: « j'aiderai les femmes à donner la vie, j'entendrai le premier cri d'un enfant, ce sera très beau».

    Je m'y suis décidée. Après le bac, pendant deux ans,j'ai suivi les cours de l'école de sages-femmes de Buzau. Les études finies, j'ai commencé à travailIer dans un hôpital d'une commune à 50 kilomètres de Buzau où je suis restée une année. Après, j'ai occupé par concours un poste à la maternité de Buzau où je travaille depuis vingt ans comme sage-femme. A présent je suis sage-femme surveillante chef.

La plus grande joie dans ma vie professionnelIe ?

    ElIe est la somme de toutes les joies et des moments de bonheur éprouvés après un accouchement où la mère et le nouveau-né sont en parfaite santé. Être sage- femme en Roumanie, que de joies et que de peines à la fois;

    se situer entre la vie et la mort, entre la normalité et l'anormalité 1 comment dire aux parents qu'il y a des problèmes avec leur enfant, que tout n'est pas en ordre. C'est très dur de trouver les mots pour rassurer et ne pas blesser. Je m'efforce toujours à faire mieux mon travail, mais je n'y réussis pas toujours. J'ai de la peine à voir que malgré mes efforts, les mentalités des femmes surtout de celles des milieux ruraux changent très lentement.

A présent, en dehors de l'activité à la maternité, je travaille comme formateur à l'école d'infirmières de Buzau. J'ai accompli mon ancien voeu : être enseignante.
Je souhaite former un nouveau type d'infirmières plus ouvertes et plus sensibles aux changements de notre société.

    ZoÏca RADU
    Sage-femme surveillante-chef Maternité de Buzau, ROUMANIE

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Ce témoignage a été présenté au congrès de Royan (1994) sur le thème des compétences des sages-femmes pour valoriser l'humain dans la naissance



Après avoir rappelé l'évolution de la profession de la sage-femme en Roumanie depuis 1839, date de la création de la première école à Bucarest, Zoïca nous présente la pratique actuelle des sages-femmes.

Les sages-femmes roumaines exercent leur profession soit dans les maternités des villes soit dans les dispensaires urbains et ruraux.

Elles sont salariées de l' État. Il n' y a pas de pratiques professionnelles en exercice libérale.

Dans les dispensaires les sages-femmes s'occupent des femmes enceintes (programmer les consultations, suivre l' évolution de la grossesse, appliquer les traitements prescrits par le médecin, suivre la mère en post-natal).

Dans les maternités, les sages-femmes s'occupent des femmes hospitalisées:

- accueil et aide des femmes afin qu'elles s'adaptent vite aux nouvelles conditions de vie,

- participation aux visites médicales et pratique des soins prescrits par le médecin,

- préparation des femmes aux interventions chirurgicales,

- assistance à l'accouchement avec le médecin.

- premiers soins aux nouveau-nés,

- suivi de l'état de santé de la mère après l'accouchement pendant son hospitalisation.

Les sages-femmes de Roumanie doivent faire face à des difficultés liées au manque de matériel sanitaire. Elles sont souvent obligées de se débrouiller avec les moyens du bord.

Par une étroite collaboration entre les sages-femmes au niveau international, les sages-femmes roumaines pourraient enrichir leurs expériences et valoriser leur profession.




27/02/2008
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