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Sage-femme en SUEDE, Tone Ahlborg

Sage-femme EN SUEDE
Tone Ahlborg, sage-femme

Ce témoignage a été présenté au congrès de Royan (1994) sur le thème des compétences des sages-femmes pour valoriser l'humain dans la naissance

Tone nous raconte comment la sage-femme suédoise travaille pour l'humanisation des naissances.



La sage-femme suédoise est salariée indépendante et responsable de la grossesse normale. S'il y a une complication la sage-femme adresse la femme enceinte au médecin. Le programme national de suivi de la grossesse est de dix visites chez la sage-femme et une ou deux visites chez le médecin.

Nous essayons de faire de plus en plus la continuité des soins; c'est -à-dire que la même sage- femme suive et soigne la mère, pendant sa grossesse, son accouchement et ses suites de couches. C'est une question d'organisation.

Nous avons à Stockolm une clinique appelée« soins de naissance alternatifs» où nous veillons à la continuité des soins. Nous avons évalué ce choix de travail et nous sommes si satisfaites du résultat que nous allons mettre en place plusieurs lieux identiques.

Pour l'accouchement, il se fait en milieu hospitalier. Il n'y a pas de service approprié pour les accouchements à domicile. Nous essayons de créer un milieu et une atmosphère à l 'hôpital aussi agréables que possible, comme à la maison. Les sages-femmes essayent de laisser les parents décider de la manière dont ils veulent accoucher et de la position que la mère désire adopter.

Elle peut être à quatre pattes, sur les genoux, assise, debout contre son mari, ou couchée sur le côté gauche. La sage- femme essaye de répondre à l'attente des parents autant qu' clle le pcut. dans les Iimitcs de sa responsabilité qui est de veiller sur le déroulement de l'accouchement normal. II y a à l'hôpital des médecins de garde mais ils n'interviennent que s'ils sont appelés. Nous créons nos protocoles de travail nous-mêmes au moment où cela est nécessaire. Nous faisons le point avec les médecins lors de la réunion journalière de ]' équipe. Nous employons beaucoup le bain chaud pour faciliter la dilatation du col de l'utérus. Nous essayons de diminuer le monitorage. A son arrivée chaque mère a un monitorage pendant 1/2 heure. Si tout est normal, il faut une indication pour l'utiliser à nouveau. Il y a 10 ans, nous ne faisions pas cela. Aujourd'hui, notre attitude est meilleure.

Quand nous employons l'anesthésie péridurale (20 % des accouchements), c'est aujourd'hui avec une technique qui permet à la mère d'être debout, de se déplacer. Le produit utilisé depuis 2 ans est un anesthésique local avec de la morphine. Cela donne une bonne analgésie et garde la possibilité de mouvement, avec un monitorage par télémétrie si nécessaire.

Après l'accouchement, la mère, l'enfant et le père s'il le désirc, restcnt ensemble pendant leur séjour à l'hôpital. Si tout va bien, ils sont encouragés a quitter l' hôpital le plus tôt possible. La sage-fcmme rend visite à la mère à son retour à domicile et six semaines après l'accouchement.

Notre point fort pour humaniser est notre rôle indépendant ct la reconnaissance que nous témoignent les parents et les médecins. Notre point faible, c'est la difficulté à garder notre place de sage-femme quand les médecins deviennent plus nombreux et élargissent leur champ d'activité.

Pour l'humanisation des naissances, je pense que la formation des sages-femmes doit leur donner une bonne connaissance de leur métier et une forte confiance en elles-mêmes, dans leur sens clinique plutôt que dans la technique qui ne peut être qu'une aide en complément. Pour l'humanisation des naissances, les sages-femmes de tous les pays doivent se soutenir les unes les autres.




17/07/2009
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